Rupture conventionnelle homologuée : ce qui change en 2026 pour les employeurs

Depuis le 1er janvier 2026, la rupture conventionnelle homologuée connaît un changement majeur qui impacte directement les budgets RH : le taux de contribution patronale appliqué à la partie exonérée des indemnités passe de 30 % à 40 %.

Cette hausse significative modifie l’équilibre financier entre rupture conventionnelle et licenciement, et impose une réévaluation stratégique du mode de séparation choisi.

Rappel : comment fonctionne l’indemnité de rupture conventionnelle ?

Lors d’une rupture conventionnelle homologuée, le salarié perçoit une indemnité spéciale de rupture dont le montant ne peut jamais être inférieur à l’indemnité légale ou conventionnelle de licenciement. C’est l’un des aspects protecteurs de ce dispositif.

1. Quel régime social s’applique ?

Dans le cas général, cette indemnité bénéficie d’un régime social favorable pour le salarié : elle est exonérée de cotisations de Sécurité sociale, ainsi que de CSG et de CRDS. Du côté de l’employeur, en revanche, une contribution patronale de 40 % est due sur le montant versé.

 

exemple-rupture conventionnelle

Exemple

Prenons le cas d’un salarié dont l’indemnité de rupture s’élève à 6 500 € :

  • Indemnité versée au salarié –> 6 500 €
  • Contribution patronale (40 %) –> 2 600 €

Coût total pour l’employeur –> 9 100 €

Le salarié perçoit donc l’intégralité des 6 500 € nets, tandis que l’employeur supporte un coût réel de 9 100 €.

 

2) Quand l’indemnité dépasse l’indemnité légale de licenciement

Le régime social change dès lors que l’indemnité de rupture conventionnelle excède l’indemnité légale ou conventionnelle de licenciement. La partie qui dépasse ce seuil devient partiellement soumise aux prélèvements sociaux.

Ce qui change pour le salarié

La fraction excédentaire est soumise à la CSG/CRDS au taux de 9,7 %. Le salarié ne perçoit donc plus l’intégralité de l’indemnité négociée.

 

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Exemple

Prenons le cas d’un salarié dont l’indemnité spéciale de rupture s’élève à 20 000 €, pour une indemnité légale ou conventionnelle de 6 500 € :

  • Fraction excédentaire –>  20 000 € – 6 500 € = 13 500 €
  • CSG/CRDS (9,7 %) –> 13 500 € × 9,7 % = 1 309,50 €
  • Somme nette versée au salarié –> 20 000 € – 1 309,50 € = 18 690,50 €

Du côté employeur, la contribution patronale s’applique sur la totalité de l’indemnité :

  • Contribution patronale (40 %) –> 20 000 € × 40 % = 8 000 €

Coût total pour l’employeur –> 20 000 € + 8 000 € = 28 000 €

 

3) Le cas particulier des indemnités élevées : quand le plafond de la Sécurité sociale entre en jeu

Lorsque l’indemnité de rupture conventionnelle atteint des montants importants, un troisième niveau de complexité s’applique. Au-delà de 2 PASS (soit 96 120 € en 2026), le régime bascule : les cotisations salariales de Sécurité sociale s’ajoutent à la CSG/CRDS.

L’exemple d’une indemnité de 100 000 €

 

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Exemple

Prenons le cas d’un salarié dont l’indemnité légale ou conventionnelle est de 50 000 € et dont l’indemnité spéciale de rupture s’élève à 100 000 €.

Pour le salarié, deux prélèvements s’appliquent sur la fraction excédentaire :

  • CSG/CRDS (9,7 %) entre 50 000 € et 2 PASS (96 120 €) –> 46 120 € × 9,7 % = 4 473,64 €
  • Charges salariales (25 %) entre 2 PASS et 100 000 € –> 3 880 € × 25 % = 970 €
  • Somme nette versée au salarié –> 100 000 € – 4 473,64 € – 970 € = 94 556,36 €

Pour l’employeur, la contribution patronale suit le même découpage :

  • Contribution patronale (40 %) de 0 à 2 PASS –> 96 120 € × 40 % = 38 448 €
  • Charges patronales (45 %) au-delà de 2 PASS –> 3 880 € × 45 % = 1 746 €

Coût total pour l’employeur –> 100 000 € + 38 448 € + 1 746 € =
140 194 €

Ce que cela implique concrètement

Ces évolutions de régime social ne sont pas anodines. Elles invitent employeurs comme salariés à repenser leur approche de la séparation amiable.

Repenser le choix du mode de rupture

Une rupture conventionnelle peut désormais coûter autant — voire davantage — qu’un licenciement classique. Ce différentiel de coût doit être intégré en amont de toute négociation, et non découvert au moment de signer la convention.

Anticiper dans les restructurations collectives

Dans le cadre de plans de sauvegarde de l’emploi ou de départs volontaires, cet impact financier prend une tout autre dimension. Multiplié par le nombre de départs concernés, il peut peser significativement sur l’équilibre d’un plan de réorganisation.

Nos recommandations

Analyser systématiquement le rapport coût/risque entre rupture conventionnelle et licenciement avant toute décision de séparation.

Intégrer cette hausse dans vos budgets RH 2026 et vos prévisions de fin de contrat, pour éviter toute mauvaise surprise en cours d’exercice.

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